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Report on the general assembly held on 04/21/2012

Assemblée Générale de l'Association Charnie Environnement

Logo Ecureuil, embléme de l'association



21 AVRIL 2011 à Chemiré en Charnie




L’assemblée s’est ouverte à 18h15 dans la salle Chauvelier
de Chemiré en Charnie.

 

Rapport d'activités, Jean-Marie Vanherpe

Une grande partie des activités de l'association en cette année 2011-2012 s'est déroulée au sein du Collectif pour la Sauvegarde du Massif Forestier de la Grande Charnie.

 

Il y a d'abord eu l’initiative de lancer des démarches en vue de faire classer les forêts de Charnie en zone Natura 2000. Rappelons que cela avait été recommandé notamment par l’urbaniste en charge de l’élaboration du PLU de Chemiré. Pour commencer nous avons proposé aux responsables de Sarthe-Nature-Environnement et de Mayenne-Nature-Environnement une rencontre exploratoire. Tous ont répondu très vite et cette rencontre a été organisée au printemps à Chemiré. Ce qui est apparu tout de suite, c’est qu’il fallait satisfaire à la première condition permettant le lancement d’une telle procédure, c’est-à-dire valider la présence d’espèces emblématiques au sein des deux forêts.
Concernant la Grande Charnie, l’enquête publique sur le projet de carrière de l’Abat avait permis d’observer la présence de l’écrevisse à pattes blanches. L’ONEMA (Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques) de la Mayenne avait observé à deux reprises, de jour et de nuit, le précieux crustacé. L’organisme a confirmé cette présence qui se trouve donc validée. Une autre espèce rare, le crapaud sonneur à ventre jaune, avait été observée il y a quelques années par Dominique Tavenon et il s’imposait de lancer des recherches. En juin, plusieurs membres du bureau ont commencé des prospections sur le terrain, guidés d’abord par des herpétologues de MNE. Il est vite apparu que la sécheresse compromettait cette recherche, en Grande comme en Petite Charnie. Dans cette dernière les 23 zones humides recensées ont toutes été visitées. La majorité d’entre elles étaient à sec. Si une nouvelle sécheresse s’annonce en avril, il y aura lieu d’avancer les prospections sans attendre la période habituelle de ponte.

 

En Octobre 2011, le Collectif a été amené à déposer dans le cadre de l’enquête publique, relative au projet d’ouvrir une nouvelle carrière de roche dure au lieu Montmartin sur Saint-Denis d’Orques. Il s'agissait d'une demande de la SA. Voutré résultant du futur chantier de la LGV Le Mans-Rennes.
Nous avons pris la décision d’intervenir pour deux raisons : Saint-Denis fait bel et bien partie du pays de Charnie et l’existence d’une zone Natura 2000 sous l’égide du pique-prune qui arrive jusqu’aux portes du village réaffirme cette unité. D’autre part l’emprise du projet de carrière de Montmartin voisinait dans sa partie sud avec la Mayenne et nos camarades de FE53 (Fédération Mayennaise de l'Environnement) se préparaient à en étudier l’impact environnemental. L’union de nos deux actions s’imposait donc et nous avons harmonisé notre argumentation. Nous avons exprimé de sérieuses réserves d’ordre environnemental et sur la sécurité routière, l’ouverture d’une deuxième carrière faisant doubler le trafic poids lourds.
Nos arguments n'ont pas été repris par le Commissaire-enquêteur qui cependant a rendu un avis défavorable au seul prétexte que « les besoins locaux en matériaux sont couverts durablement par les carrières en activité » et notamment la carrière voisine déjà existante exploitée par le Groupe Nivet. Ni la destruction de 64 ha de terres agricoles ni le détournement d’un ruisseau annoncés par le pétitionnaire n’ont semblé influer sur le commissaire-enquêteur. Encore moins le risque de détériorer l’habitat de plusieurs espèces remarquables, notamment le pique-prune qui justifierait à lui seul un classement de ces terres en zone Natura 2000. Nous avons déploré l’absence de Sarthe-Nature-Environnement  dans cette affaire. SNE aurait dû être un partenaire important lors de la déposition et lors du suivi du dossier en commission départementale. C'est d'ailleurs ce qui a justifié notre adhésion à cette fédération Sarthoise avant de passer la main au Collectif.

 

L'association Charnie-Environnememnt, en tant que telle, a déposé au moment de l'enquête publique relative à l'extension de la porcherie industrielle de la Tuilerie à Joué en Charnie. (saluons à ce sujet l’apport important de Roger Godefroy qui s’est déplacé depuis Arquenay en Mayenne). Notre déposition portait essentiellement sur les risques de pollution du plan d'épandage envers les cours d'eau et suggérait la production de porc labellisé.

 

Au total, examinant le bilan de l’année 2011, la situation environnementale de notre pays n’est pas brillante. Il y a eu en effet, ce rejet de nos arguments lors de l’enquête publique de Montmartin ; précédé de la décision du préfet d'autoriser le projet de la Tuilerie. si on constate par ailleurs notre impuissance à empêcher la destruction de nombreuses haies en pays de Charnie, si on enregistre aussi l’aggravation de la disparition de ruchers due aux pesticides, on peut éprouver de vives inquiétudes quant à la santé de notre environnement. C’est ce qui nous amène à vous proposer les orientations suivantes pour 2012 et au-delà.

 

Le rapport d'activité est adopté à l'unanimité par l'assemblée.

 

Rapport financier, Fabienne Ahier :

Il laisse apparaître un solde positif de 927,37 euros. Il y a eu, en 2011, 73 renouvellements de cotisations ou nouvelles adhésions.

 

Le rapport financier est adopté à l'unanimité par l'assemblée.

 

PhotoAG_CE_2012

 

Rapport d'orientation, Laurent Desprez :

Considérant la situation environnementale de notre pays, force est de constater que l’on continue comme avant, comme s’il ne se passait rien. Symptomatique est l’absence de l’écologie dans le débat électoral que l’on vient de vivre. Quelques passes d’armes au début sur le nucléaire et puis terminé. Quant au Grenelle de l’Environnement, nombre de décisions ont été passées à la trappe. Rappelez-vous l’été dernier la scandaleuse décision conjointe du ministre de l’agriculture et de la ministre de l’écologie revenant en arrière pour le taux de tolérance des nitrates issus d’épandages de lisiers. Au même moment, en pleine saison touristique, le maire de Saint-Nazaire fermait 3 plages de sa commune aux baigneurs pour cause d’algues vertes. Et on va nous affirmer qu’il n’y a aucun lien avec l’agriculture industrielle. Il faut savoir que les ruchers de la Charnie ne sont plus protégés, perdons nos illusions : notre pays est comme les autres. Nous avons des cas de mortalité d’abeilles très près de chez nous, à Chemiré, et il n’y a aucun doute sur la cause : ce sont des épandages de produits Monsanto.
Nous avons cette chance de vivre dans un pays, la Charnie, longtemps préservé. Il ne l’est plus tout à fait et cela va empirer si l’on ne pose pas des freins. La question est celle-ci : est-ce que l’expansion urbaine et industrielle, qui élimine tous les 7 ans (et non plus tous les 10 ans) une surface équivalente à celle d’un département français, ne suffit pas à tuer la nature irréversiblement sans que l’on en rajoute en détruisant ou polluant des territoires jusqu’à présent intacts ? Je voudrais aussi attirer votre attention sur une dégradation qui est d’autant plus redoutable qu’elle est invisible. Et de ce fait elle est méconnue, y compris de nombreux responsables d’associations environnementales. Elle frappe la faune sauvage. Concernant le gibier, est-ce que l’on sait que la plupart des perdrix et faisans tués chaque année pendant la saison de chasse sont des animaux provenant d’élevages industriels ? En 2010, cela a représenté 14 millions de faisans et 5 millions de perdrix, provenant de 5000 élevages industriels. Lâchés dans la nature, ils sont inaptes à survivre par leurs propres moyens. Alors que fait-on ? On les nourrit à coup de maïs bourré de pesticides, tout comme les « cochongliers », les métis que certains chasseurs ont si intelligemment développé. Où est la sauvagerie dans cette faune ?


Concernant les « nuisibles », est-ce que l’on sait suffisamment que la France est le seul pays européen à avoir dressé une liste démesurée de mammifères et d’oiseaux prétendument nuisibles. Il n’existe aucune estimation sérieuse, impartiale, des effectifs de prédateurs. Les commissions qui décident ne sont pas équilibrées, les chasseurs y sont surreprésentés, les scientifiques, les écologues peuvent à peine s’y exprimer. Pourquoi une telle liste ? Parce que les chasseurs redoutent que leur gibier artificiel ne soit éliminé par certains prédateurs, et donc leur investissement gâché. Le comble de l’aberration est d’avoir fait du renard un nuisible. Un renard consomme jusqu’à 5000 petits rongeurs par an. Autant de moins qui s’en prennent aux récoltes de céréales et une majorité d’agriculteurs ne s’en plaint pas. Et enfin, le comble de la cruauté, c’est le sort réservé au blaireau : la France est le seul pays en Europe à l’éliminer chaque année, avec une méthode barbare qui est le déterrage. Pourquoi continue-t-on ? Parce que c’est la tradition et en dehors de la saison de chasse, ça permet de faire travailler les chiens. Partout ailleurs en Europe, le blaireau est un animal protégé.

Avec tout cela, les chasseurs parviennent à faire croire qu’ils œuvrent pour la biodiversité, ce qui leur permet d’obtenir de généreuses niches fiscales pour leurs sociétés de chasse. La quasi totalité des 6 lois chasse depuis 10 ans, 6 lois en 10 ans, ont été votées à la sauvette par les parlementaires qui ont laissé faire quelques collègues sans se demander si les mesures soumises à leur voix étaient justifiées. Les chasseurs, électorat à ménager, par les députés de droite comme de gauche. Il faudra beaucoup de courage au futur ministre de l’écologie pour faire rétablir le jour sans chasse. Et pourtant il y va de la sécurité des promeneurs.


Tout est lié, la vie de nos forêts comme celle du sol qui les entoure, des eaux, des pollinisateurs. Même si on est parfois saisi par le doute, il ne faut pas rester passif. Concernant les haies, on est loin du contrôle préconisé par le Grenelle de l’Environnement. Il faudra relancer les démarches auprès des élus pour faire appliquer la règle européenne : on n’arrache pas si on ne s’engage pas à replanter.

Concernant Natura 2000, tout en poursuivant nos démarches pour faire classer les forêts de Charnie, avec le Collectif de sauvegarde, nous interpellerons les parlementaires pour tenter de donner un vrai contenu à ce classement. Natura 2000, auquel on est tenu de se référer dans toute enquête publique pour des projets industriels, est-ce que ça n’est pas une coquille vide à partir du moment où on peut épandre librement sur des terres cultivées classées Natura 2000 n’importe quel produit phytosanitaire. Nous allons reprendre nos prospections en forêt sur les batraciens, voir s’il y a lieu de réactualiser des inventaires ayant donné lieu au classement en ZNIEFF 1 de plusieurs étangs et zones humides en bordure de forêt, rester vigilants quant à une nouvelle tentative d’ouverture de carrière. Et au niveau du Collectif de sauvegarde de la Grande Charnie, nous avons pris une décision importante. Nous avons décidé de modifier ses statuts et sa dénomination afin d’élargir son action. Son premier acte, lors de la campagne qui s’ouvrira pour les élections législatives, sera d’interpeller les candidats sur la base des thèmes que je viens d’évoquer.

 

Le rapport d'orientation est adopté à l'unanimité par l'assemblée.

 

Fréquentation du site web, Jean-Marie Vanherpe :

Il est de plus en plus visité : environ 1000 visites mensuelles en moyenne (600 visites mensuelles en 2011). Il y a eu un pic d'environ 1200 visites mensuelles d'Octobre à Décembre, correspondant à l'enquête publique sur la carrière de MontMartin.

 

Renouvellement du bureau

Alain Basecq a annoncé qu’il souhaitait démissionner du bureau, pour cause d'activité professionnelle accrue.
Fabienne Ahier ne souhaite plus assumer la charge de trésorière.
Ces deux départs sont remplaçés par Madame Danielle Thibault et Monsieur Frédéric Baudry.


Autres membres : Laurent Desprez, Jean-Marie Vanherpe, Roland Ahier, Philippe Grégoire et Bérangère Desprez.

 

La nouvelle composition du Bureau est adopté à l'unanimité par l'assemblé.

 

 

Le Président, Laurent Desprez.

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